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  • 13Mai

    Kentucky …… From The Road To The Roots of Black Stone Cherry

    BLACK STONE CHERRY remet le couvert, 8 ans après leur premier album, avec un cinquième opus intitulé « Kentucky ». En promotion dans la capitale, Leslie, notre envoyé spéciale à rencontré John Fred Young (batterie) et John Lawhon (basse). Retour sur leur parcours sans langue de bois.

    Kentucky

    Kentucky

    Leslie – J’aimerais d’abord retracer avec vous le chemin parcouru et ensuite parler de votre nouvel album Kentucky (disponible le 1er Avril). Vous avez acquis une certaine maturité musicale depuis vos débuts, quelle erreur ne souhaiteriez-vous plus commettre?

    John Fred Young – C’est une question vaste.  Il ne faut pas faire 360 contrats. Pour tous les nouveaux groupes qui commencent : ne signez aucun contrat d’enregistrement avant d’avoir un avocat spécialisé en musique. Est- ce que la France est aussi stricte que les États-Unis à ce sujet ? Il vous faut un représentant qui se positionne entre le label et le groupe.

    Jon Lawhon – Il vous faut absolument quelqu’un pour vous assurer d’être représenté au mieux. Et je pense qu’il faut être guidé par un bon manager, quelqu’un qui va faire attention à vous, pour éviter que l’on vous prenne trop d’argent sans s’occuper forcément bien de vous en contrepartie. Donc vous devez vous assurer d’avoir un bon directeur musical.
    John Fred Young – Nous concernant, nous avons été très chanceux car nous avons débuté dans le Kentucky, où la plus grande ville est Louisville : la scène musicale n’était pas très grande. Il y a beaucoup de bons musiciens mais peu de nightclubs ou autres, comme on peut en trouver à Los Angeles ou à New York. Donc nous avons fait nos débuts dans les bars, lieux de cowboys, où on joue du Rock’n roll. On a évolué jusqu’à créer notre propre style musical, donc si je peux donner un conseil en matière d’affaires,  créez votre propre style de musique et n’allez pas trop vite en entrant dans un moule, dans un genre musical, car ils disparaissent par la suite ! Le temps que votre album sorte, l’industrie musicale et les gens auront changé.

    Leslie – N’avez-vous pas la sensation que votre musique est sans cesse comparée à celle de votre père (Richard Young du groupe The Kentucky Headhunters)? N’en avez-vous pas marre ?

    John Fred Young – Non, c’est cool en quelque sorte car il n’y avait pas beaucoup de groupes de rock venant du Sud comme The Kentucky Headhunters. Quand on est comparé à eux, c’est…

    John Lawhon – On nous compare que dans certains cas précis car on ne sonne pas du tout comme ce groupe-là !

    Leslie – C’est pour cela que j’ai du mal à comprendre

    John Fred Young – Il y a beaucoup d’influences quand même à cause de ce qu’ils nous ont conseillé d’écouter, par exemple, le rock classique très Old School, le Blues etc. Donc on a hérité de ces influences musicales. Mais on ne sonne pas comme eux et ils ne sonnent pas comme nous bien sûr et c’est cool. Mon père m’a beaucoup aidé lors de mes débuts car il nous enseignait ce qu’était l’industrie de la musique : où ne pas aller, où aller, c’était vraiment gentil. Car c’est une part sombre du business. Les gens ne comprennent pas qu’entrer dans ce monde, c’est beaucoup de business, c’est très politique. Cela peut parfois faire du mal car vous voulez juste faire de la musique au fond.  Vous voulez juste faire ce que vous faites, ce qui vous passionne… Parfois l’industrie de la musique peut rendre les choses tristes. Si vous laissez ce genre de choses arriver, si vous les laissez vous voler votre créativité… Il faut garder ces deux choses vraiment séparées.

    Leslie – Justement, comment cela se passe : êtes-vous influencé par l’industrie musicale ou restez-vous maîtres de vos compositions?

    John Fred Young – On est influencé par de nombreux groupes, pas forcément des groupes modernes car on a tous grandi avec le rock des années 70, certains le grunge des années 90 mais surtout le son rock des 60’s, 70’s, le Blues, le jazz mais on n’écoute pas vraiment de groupes modernes. On ne veut pas se dire « Tiens on devrait faire ça ou ça », non.

    Leslie – L’atmosphère musicale du moment imposée par les groupes d’aujourd’hui peut quand même vous influencer ?

    Jon Lawhon – On est très au courant de nos pairs en réalité : les groupes avec qui l’on joue par exemple. C’est très bien et on apprécie, vous devez l’apprécier car vous tournez avec eux quand même, vous passez du temps avec eux, écoutez leurs chansons etc. Mais quand il s’agit de notre propre style d’écriture, on retourne bien plus loin dans le temps, au cœur du rock’n roll qu’était le Rythm and Blues. On est aussi influencé par l’Heavy Rock.

    Leslie – Au sujet de Kentucky (disponible le 1er Avril), quel est l’esprit de ce nouvel album ?

    John Fred Young – Eh bien, il s’appelle Kentucky, premièrement parce que c’est notre terre d’origine, on le voit d’ailleurs sur la pochette de l’album : elle représente la maison où nous nous entraînons. C’est le lieu où nous avons toujours répété et enregistré depuis les début du groupe. C’est la même maison que mon père utilise également, elle appartient à la famille depuis plusieurs générations maintenant et je suis sûr que cela va continuer ainsi, qu’on va encore l’utiliser comme telle. Tous ceux qui sont sur cet album, même ceux qui ne font pas partie du groupe, des potes, des potes de potes, des musiciens géniaux, des chanteurs géniaux ou ceux qui sont dans le coin, dans le Kentucky, nous avions besoin de personnes de l’extérieur. Et on les a eu car il y a tellement de personnes très talentueuses dans le Kentucky. Honnêtement, cet album est plus un rajeunissement de notre état d’esprit qu’autre chose, à cause de la façon dont nous voulions l’enregistrer, de la façon dont nous l’avons écrit. C’était un peu un retour à la case départ pour nous : nous l’avons produit nous-mêmes. Il est très cru, même s’il ne sonne pas nécessairement cru. On ne dirait pas non plus qu’on l’a enregistré dans un garage avec un enregistreur à deux canaux par exemple. Il sonne plutôt comme un bon album de rock, n’est ce pas ? Quand les gens auront leur exemplaire, l’écouterons et comprendront cet album, je pense qu’ils l’apprécieront beaucoup.

    Leslie – On ressent cette fierté de venir du Kentucky

    Jon Lawhon – Définitivement !

    Leslie – Dans votre dernière chanson, In Our Dreams, on ressent plus d’agressivité que dans vos chansons précédentes : une batterie plus tribale, des riffs de guitare plus puissants, un peu de guttural à certains endroits. Est-ce cet aspect que vous souhaitez mettre en avant dorénavant, un côté plus agressif ?

    John Fred Young – On a eu pas mal de retour similaire à ce sujet. Cette chanson en particulier fut écrite en 2010, au départ pour l’album Between the Devil and the Deep Blue Sea. Cela ne s’est jamais fait car la maison de disques la trouvait justement trop lourde, donc oui, elle est agressive en effet. Mais en janvier 2014, nous nous sommes séparés de notre précédente maison de disques, c’est la meilleure chose qu’il nous soit jamais arrivée ! Car nous n’avions plus d’intermédiaire. C’était un super nouveau départ pour nous car nous n’avions pas à jouer le jeu des radios Américaines. Car en Amérique, tout tourne un peu autour des radios. Si tu ne sonnes pas comme tel groupe ou tel groupe, tu ne passes pas à la radio. Et bien sûr, on ne sonne pas comme ça car on est un groupe bien plus rock. C’est pour cela que l’on ne marchait pas en Europe, en Angleterre, au-delà des Etats-Unis quoi. Mais on compte de très bons fans en Amérique, on est juste pas aussi gros que d’autres groupes. Mais on s’est mis d’accord que, pour cet album, nous serions les seuls décideurs. Nous ne voulions pas faire un disque qui allait juste ressembler aux précédents. Nous voulions sortir quelque chose d’authentique, de vraiment original, dans cet état d’esprit. De nombreuses maisons de disques sont venues frapper à notre porte, c’était vraiment bien. C’est une aventure qui rend très humble. Nous avons signé avec le label Mascot des Pays-Bas et ils sont géniaux. Quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois, une des premières choses que voulait savoir le dirigeant était sur quels modèles de guitares Chris et Ben jouaient, quels amplis ils utilisaient… C’est vraiment rare venant de quelqu’un qui dirige une maison de disques ! La plupart de ces gens sont du monde de l’entreprise, ils ne savent même pas le passé des groupes. Donc c’était super pour nous, car on s’est senti chez nous. Ils dirigent d’autres personnes superbes comme Joe Bonamassa, Beth Hart, Gov’t Mule etc. Des groupes géniaux des Etats-Unis comme Shaman’s Harvest. Donc on s’est dit que ce serait une très bonne maison pour nous. Nous nous sommes rencontrés en mai ou juin je crois, avons commencé à enregistrer Kentucky en octobre au Kentucky. Et tout s’est très bien passé car nous pouvions travailler de nouveau avec David, l’ingénieur d’origine qui avait travaillé avec nous sur le premier album alors que nous avions 19 ans. Nous avions du bon matériel analogue en studio. On a compris qu’enregistrer dépendait de nos capacités à être conscients des situations qui n’étaient pas bonnes pour nous, des producteurs plus connus, des gros studios, et celles qui fonctionnaient pour notre groupe.

    John Lawhon – Oui tu as une belle collection de micros…

    John Fred Young – Non, c’était vraiment bien et je pense que le disque est une bonne représentation de qui nous sommes en tant que musiciens, des amis qui sont venus y participer depuis chez nous. Nous sommes fiers de cet album ! Il n’a pas un son impeccable, ce n’est pas un gros album commercial dans ce sens. C’est Black Stone Cherry ! Je pense que les personnes qui aiment notre groupe et aiment le rock’n roll vont le prendre tel quel et l’apprécier.

    Leslie – C’est vraiment un bon album ! 15 ans après vos débuts, quand vous y réfléchissez, quel regard portez-vous sur votre parcours ?

    John Fred Young – Je pense qu’on a pris une bonne direction. Honnêtement en Amérique, tout est tellement dilué, programmé. La musique rock’n roll a tendance à devenir très robotique.

    Leslie – Que voulez-vous dire exactement ?

    John Lawhon – Les albums qui sortent sonnent parfaitement, ils sonnent tous pareils en réalité. Et honnêtement c’est juste à cause des maisons de disques qui insistent pour que cela sonne comme ça, car quand quelque chose marche, elles se disent « nous voulons que nos groupes sonnent de la même façon ! ». C’est entre 1993 et 1997 je pense, où les maisons de disques dans le business du rock en Amérique ont commencé à faire ce genre de choses. C’est là que ça a commencé.
    John Fred Young – Donc nous essayons juste d’être nous-mêmes et de faire la musique que nous faisons. Nous étions sur ce chemin : on était un peu mis en cage nous aussi mais nous nous en sommes libérés. Vous savez, on a fait de beaux albums, on est très fiers de toutes nos chansons et des expériences qu’on a pu faire. On ne peut pas se rappeler de chaque situation exclusivement d’un point de vue négatif. Toutes ces choses positives que vous avez apprises, c’est ce qui vous construit, vous rend humain. Et en tant que musicien, vous avez acquis tout ce savoir et heureusement vous pouvez arriver à ce point où vous pouvez faire beaucoup de choses par vous-même en tant que groupe. Ce qui est cool c’est qu’on écrit les chansons tous les quatre, mais aussi les paroles, et pour beaucoup d’autres ce n’est pas le cas. Ils ont un chanteur ou un guitariste qui fait toute la musique et les gars du groupe ne font que jouer. Donc depuis le premier jour, le jour où nous avons créé ce groupe, cela se passe de cette manière.
    C’est important aussi pour ceux qui entrent dans le business de la musique, la composition des chansons est très importante. On le fait tous ensemble car on aime cela, mais c’est dur car il faut aussi jouer de la musique mais il faut aussi être capable les vivre aussi. Donc la composition est très importante mais aussi l’édition. Si vous êtes un jeune musicien ou un artiste etc. composez et gardez vos compositions.

    Leslie – Comment souhaitez-vous faire évoluer votre musique dorénavant ?

    John Fred Young – On n’a jamais vraiment planifié tout cela : la manière dont notre musique allait évoluer. Cela vient comme ça. À mesure que nous vieillissons, des choses différentes changent en chacun de nous, dans nos vies personnelles, à travers les différentes expériences que l’on acquiert sur la route et qui nous aident à mûrir en tant que groupe. Et tout cela commence juste à se ressentir plus concrètement quand nous commençons à travailler sur un nouvel album. Le prochain album pourrait être Pop (rires), je ne sais pas. On doit toujours passer au niveau du dessus c’est sûr, le prochain album ne pourra pas être Kentucky, il devra être quelque chose d’autre. Mais en revanche ce qui va être cool, ce sont les lieux où nous nous trouverons car nous avons maintenant un super label qui nous permet de… Enfaite, le label Mascot nous a juste demandé d’être les Black Stone Cherry. On va vendre des albums, on va en faire un peu d’argent et c’est comme ça que ça devrait tout le temps se passer dans n’importe quel type de business. Je pense que les prochains albums que nous allons faire vont être… au-dessus de tout. Je ne sais pas s’ils seront aussi cool que David Bowie mais nous allons mettre tout notre cœur et notre âme dans notre musique.

    Kentucky – sortie le 1er avril 2016 via Mascot Label Group.

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